Laissez les bons temps rouler ! (?)
Je vais vous parler de la Nouvelle-Orléans. Mais avant, je veux vous parler de Carol.
Carol a 80 ans (comme mes grands-parents ! J’en profite pour les embrasser !). Carol vit à 10 bornes du premier village, seule. Carol travaille 6 jours par semaine : le lundi, elle est volontaire dans une association, le mardi elle construit une table pour son église, le mercredi elle travaille dans une ferme collective, le jeudi…bref, elle ne chôme pas. Carol a construit sa maison elle-même il y a 25 ans. Et comme ça ne suffisait pas, elle a construit un autre local : au rez-de-chaussée, des tracteurs, du matériel de jardinage. A l’étage, un dortoir, une salle de bain et une cuisine. Pour les cyclistes, les voyageurs et n’importe qui en aurait besoin. Après une journée bien remplie, tu débarques chez elle, elle t’accueille avec le sourire, te donne l’heure du dîner et te laisse errer dans sa propriété. Tu es bien chez Carol. Tu es heureux pour toi, mais encore plus pour elle, car elle semble encore plus heureuse de te voir que l’inverse (vous me suivez ?). Carol est une inspiration.
Carol, 80 ans, muse
Quoi ? Ah oui, la Nouvelle-Orléans ! Après avoir filé à toute berzingue à travers le Texas et la Lousiane, nous nous sommes accordés une pause de 48 heures à la Nouvelle-Orléans. Nous avons laissé nos vélos à Baton-Rouge, chez Phillip et Goldie (charmants !) et avons pris le bus.
Arrivés à N-O, on te fait rapidement comprendre que tu n’es pas le bienvenu partout dans la ville. Enfin, tu peux y aller. Mais on garantit pas que tu reviendras. OK, pas de souci, on n’a ni temps, ni vie à perdre donc on va s’en tenir aux « bons coins » : le French Quarter, les cimetières (qui racontent une belle histoire mais aussi l’Histoire, à travers les noms des gens qui y font la sieste), le Garden quarter.
Comme partout en Louisiane, quand tu vas à N-O, tu commences par te régaler des noms et expressions mélangeant le français, le créole et le québécois (« Laissez les bons temps rouler » est la meilleure et la devise officieuse de la ville). Tu peux ensuite errer dans (une partie de) la ville et te projeter dans le temps en admirant les maisons des grandes familles ayant fait du business dans la canne à sucre, les épices, l’esclavage (un genre de management de ressources humaines primitifs, sans RTT ni rien).
Le spectacle est dans la rue…
Puis quand tu en as eu assez, tu attaques les spécialités culinaires. Au menu, du poisson, des crevettes, des écrevisses, de la soupe de tortues, des épices, des saveurs, du plaisir. En grande quantité. Tu n’as d’ailleurs pas encore eu le temps de tout essayer qu’il te faut reprendre ton bus et filer sur les autoroutes sur pilotis, direction Baton-Rouge.
C’est pas tout ça mais il reste encore quelques centaines de kilomètres à faire avant d’atteindre l’Atlantique…
A la Nouvelle-Orléans, on se sent parfois presque à la maison…
Marc



















